Lionel Samain / collection impossible n°1

Préambule obligatoire: J’ai découvert le travail de Lionel Samain, photographe freelance basé à Bruxelles, grâce aux clichés de presse qu’il a produits pour le groupe Rhésus. J’ai franchement apprécié son univers photographique. Un boulot de coloriste impeccable, un sens du portrait et de la composition affirmé. Je ne saurai trop vous conseiller d’aller faire un tour sur son site, d’autant que ses dernières productions ouvrent un peu plus son champ d’investigation esthétique.

lionel samain

Polaroïd: Nom, âge et profession?
Lionel Samain :Lionel Samain, 30 ans, photographe. C’est écrit sur ma carte de visite. P: Quelles conditions pour l’image que tu as sélectionnée?

Quelles étaient les conditions de prise de vue pour l’image choisie? 
LS : Une journée de printemps. Il allait pleuvoir. On a craint la pluie toute la journée. Les mannequins étaient maquillés et habillés dans un box à chevaux. Le pré fleurait bon la bouse. C’est la dernière image de la série. Ou l’avant dernière? J’avais emprunté la vasque qu’on a rempli d’eau à mon agent. Il a fallu se battre avec les chevaux pour les empêcher de venir s’abreuver durant la prise de vue. Sans doute pour se venger, une fois le matériel rangé dans les voitures, un des canassons a cassé la vasque d’un coup de sabot. Je ne l’ai pas encore dit à mon agent. j’en cherche une autre pour la remplacer. Ou de la colle extra forte.

P: Pourquoi celle-ci?
LS: Je viens de terminer l’accrochage de ma première exposition à Bruxelles.
Cette photo fait partie de la selection et a été tirée en 75*75, ce qui est finalement assez grand.
A priori, il ne s’agit pas d’une de mes séries préférées, mais avec le recul, je pense que c’est une image qu’il me plairait assez de voir accrochée dans une salle à manger.

P: Souhaitais-tu obtenir une émotion particuliere?
LS:La série s’appelle “Degré Zéro”. En général, dans mes images, “la clef est sur la porte”.

P :J’ai essayé de faire le tri des sentiments ressentis face à ton image. En m’attardant sur sa « scénarisation », la symétrie noire et blanche des personnages, ce vert gazon déjà croisé dans d’autres prise de vue. Je me trouve face à plusieurs pistes. Je me suis d’abord demandé s’il étaient là pour s’abreuver. Puis très vite la “temporalité” prend le dessus. Comme l’impression que tu les “extrais” de la nuit/pénombre pour les figer dans le temps. Les chaussures marquant 23h15, la symbolique de l’eau/vasque/miroir??… Suis-je à coté de la plaque et en route pour une thérapie de plusieurs mois?
LS: C’est à ton psychanalyste de le dire. Il ne faut pas le prendre pour de l’indolence, mais j’ai le sentiment que ce n’est pas à moi d’expliquer les images. J’ai mes idées lorsque je prends la photo, dans un coin de la tête, et la forme tient une place essentielle, mais le hasard conserve sa place tout de même. Alors, peut-être que le sens de la position des chaussures dans l’image ne vient pas de moi, consciemment, en tout cas. Mais sait-on jamais?

P: Je crois savoir que tu as d’abord débuté sur les plateaux de cinéma. Est-ce l’une des « clés » de ton esthétique et de ta démarche?
LS: C’est la découverte du cinéma (tardive) qui m’a amené à la photo. Pourtant, je continue à penser que l’un et l’autre n’ont rien à voir ensemble. Le cinéma, parce qu’il est complet et total m’a ouvert l’esprit à l’esthétique visuelle. Avant ça, honnêtement, j’étais vraiment très myope.

P : Hormis les mannequins et toi, vous étiez combien lors de la prise de vue?
LS: maquilleur-coiffeur, styliste, assistant. Donc trois.

P: Combien de déclenchements avant d’obtenir l’image que tu désirais?

LS: Le nombre nécessaire pour y arriver.

P:Tu savais que c’était “la bonne” lors de la prise de vue?
LS:Non, je ne vois rien dans mon viseur. Et en plus, je suis myope.

P: Aujourd’hui tu vois quelque chose à corriger sur ce cliché?
LS: Rien, elle est bien comme ça. Ca va bien donner dans ma salle à manger.

P:Avec le recul, y décèles-tu une quelconque influence?
LS: Pas consciente, s’il y en a une. Mais tout a sans doute été fait mille fois dans l’histoire de l’art.

P: Option numérique ou argentique?
LS: Economique. C’est la bourse qui définit la technique.

P:Cette image a-t-elle eu une incidence sur la suite de ton travail?
LS: Ne plus emprunter de mobilier à mon agent. Ou à qui que ce soit dont ma carrière dépende.

P.Dernière question, peux-tu nous livrer l’adresse du site d’un photographe à découvrir? Pourquoi?
S: Il y en a plein! Je vais faire le tri et livrer noms et adresses aussitôt.

P: Merci beaucoup Monsieur Samain
LS: Mais il n’y a pas de quoi!

www.lionelsamain.com

4 commentaires à “Lionel Samain / collection impossible n°1”


  1. 1 Antoine 11 nov 2006 à 18:35

    …intéressant, c’est bien, cette confrontation de points de vue :)

    (super, un beau commentaire tout creux… :D)

  2. 2 contact 11 nov 2006 à 18:52

    mouai… je suis désolé pour lionel samain. C’est lui qui a essuyé les plâtres de l’affaire. Un grand merci d’ailleurs. D’autres choses mériteraient d’être abordées. De ttes façons le merveilleux avantage du net, c’est de pouvoir corriger le tir ou d’ajouter des éléments si l’envie se pointait. Même apres publication.

  3. 3 Antoine 16 nov 2006 à 15:12

    ok, rajoute ce que tu veux, mais pense alors à bien signaler où sont les changements ;)

  4. 4 contact 17 nov 2006 à 1:18

    ok chef!

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