Jack The Ripper / Ladies first

L’intriguant bordel de Monsieur Jack

Si le quota d’artistes s’exprimant en français en radio a sans doute soutenu une partie de la scène musicale hexagonale (mais pas toujours la meilleure), cette option a également mis en sommeil tout un pan de la production préférant la langue de Shakespeare à celle de Molière. Jack The Ripper est sans doute de celle-là. Lorsque l’on se penche sur la biographie du groupe, sa naissance est signalée en 1995 du côté de Paris. La première reconnaissance se fera en 2002 à Bourges. Certes, on ne peut pas dire que le groupe cherche à tout crin la visibilité. Pas vraiment de concession à signaler, un répertoire exigeant lorgnant d’abord vers l’univers de Nick Cave ou de Leonard Cohen, oscillant ensuite entre rock inventif et pop alambiquée cultivée.
Adepte de climats changeants, d’arrangements chiadés, Jack The Ripper imprime ses ambiances, n’hésite pas à pousser le timing de ses titres et multiplier les séquences. Histoire de jouer aux montagnes russes auditives. Leur dernier essai, Ladies First recèle de vrais pépites, et chaque titre étonne par la richesse de ses structures. Piano planant, guitares sages ou incandescentes, trompettes d’outre-tombe, voix habitée… Au jeu des étiquettes, les amateurs des deux artistes nommés plus haut, de Calexico ou de Tom Waits poseront les pieds en terrain connu. La densité de l’objet écouté dans sa continuité peut aussi donner le tournis. En se sentant un peu perdu dans le méandre et les mises en abîmes successives. Tout dépend de votre faim du moment ou de votre goût pour la perte de repère. Il en ressort pourtant une classe indéniable qu’il convient de constater de visu.

Jack The Ripper / “Ladies first” (Village vert)
tous droits réservés arnault breysse / Le Petit Bulletin
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