Puppetmastaz - Creature Shock Radio

FRAGGLE RAP

Un cochon qui pisse partout pour marquer son territoire, une taupe MC en haut de forme, un album hip hop allemand qui envoie du lourd… Vous n’y comprenez rien ? Logique mais rassurez vous, les Puppetmastaz s’occupent de tout.

Autant être clair d’entrée, l’une des plus belles pépites Hip Hop du moment, « Creature Shock Radio » est à mettre au crédit d’un gang de marionnettes complètement déjantées. Voilà c’est dit. Ca peut surprendre mais vu qu’on a déjà une grenouille de portable en tête des ventes de disques, la chose est somme toutes assez logique. Si on reprend l’histoire à sa source, les premiers signes d’activités des Puppets sont signalés à Berlin au siècle dernier. Mr Maloke, une taupe en haut de forme à langue fourchue, a délaissé Crooklyn pour migrer vers l’Allemagne. Convaincu de son charisme et de son sens de la mesure, il lance « le Congrès des marionnettes ». Les humains font n’importe quoi, les muppets vont leur montrer la voie. Les volontaires débarquent de tous les continents pour finalement créer le premier peluche-crew du monde. Si on évacue les fumées de la version officielle, le canal historique de l’aventure se place surtout sous le patronage de la fine fleur de la scène underground berlinoise, du label Audio Chocolate Recordings et de plein d’amis dont le noyau dur comprend entre autre, Max Turner,Bomb 20 ou encore Gonzales, autre déjanté plus connu sous nos latitudes.

BASKETS ET DOUDOUS ACCEPTES

La révolution déconnante semble fonctionner puisqu’après avoir publié « Blastaz of the loone verse » en 2002, « Creature Funk » débarque dans les bacs un an plus tard. Cet album Ovni pourrait être le fruit des amours illégitimes des Beastie Boys, de George Clinton et de Kermit la Grenouille. S’ensuivent les premières tournés et le lancement des Muppets à l’assaut du monde. Et puis déboule « Creature Shock Radio » ces dernières semaines. Bien plus qu’une virée potache en studio, ce disque est d’une efficacité redoutable. Une production impeccable, un flow millimétré, des intervenants en grande forme. Du second degré, de la crasse et beaucoup de classe. Il recèle même deux ou trois perles qui campent au coin de la tête après interruption des hostilités. Un patchwork jouissif et détonnant qui tape dans tous les registres. D’un hymne rap pompier à montées de claviers façon Rocky -« We Back »- en passant par une seconde plage -« Bigger the Better »- qui sort l’artillerie lourde. On ne saurant passer à côté de cet hymne en puissance qu’est «Do The Swamp » ou de du disco-funk « Pretending Early Morning ». Et la scène me direz-vous ? Simple et funky. Une fosse qui jumpe aux ordres d’une bande de tatayets epileptiques. Tout est donc sous contrôle. Fait d’importance, l’assistance est priée de venir accompagnée de sa peluche favorite. Parce que « toutes les marionnettes ont aussi le droit d’aller assister à un concert ». Qu’il en soit donc ainsi. Amen.

Puppetmastaz / Creature Shock Radio
(Vicious Circle / Discograph)

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