Musilac le 6 juillet 2002. Noir Désir adoube un festival encore jeune. 1 ans plus tard, le drame de Vilnius fait la une sur 3 colonnes. La caution du groupe bordelais plane encore aujourd’hui lorsque l’on écoute les dernières livraisons discographiques de Saez et de Luke, à l’affiche cette année.
« J’ai vendu ma misère pour une voix de soumission » Dès le premier couplet de « La sentinelle », single du dernier album des derniers nommés, on ne peut s’empêcher de penser à Bertrand Cantat. Même fibre, même énergie, même combat. Pas facile de trouver son style. Plagiat pour les invétérés mais cheminement logique défendront les autres car difficile d’emprunter la route sans user de chemins déjà balisés par Cantat et sa bande. Car s’il est un groupe qui compte encore dans l’histoire rock française, Noir Désir est de ceux-là. Intégrité artistique, parcours militant et un don indéniable pour réinventer une discographie à chaque sortie d’album. Et lorsque Bertrand Cantat fut reconnu coupable, beaucoup n’en croyaient pas leurs disques.
Parti en 2002 sur des bases pop exigeantes, puisant ses racine dans le circuit indépendant, la nouvelle posture de luke a d’abord surpris. Du début Bertrand Boulard (guitare-chant) est l’un des rares à être encore en piste. Le virage prend la forme d’un rock affûté, énergique et militant. Après le succès d’estime, vint la reconnaissance commerciale. Cette filiation est d’ailleurs être notable chez d’autres, de Deportivo en passant par Eiffel. Une génération semble désormais assumer la descendance.
Jeune et con
La sentinelle encore, lorsque Saez, pond son tire « fils de France » dans l’urgence de l’entre deux tours 2002 et le rend immédiatement disponible au téléchargement. Et que dire de son single « Debbie » sortie en amont de son dernier album ? Un univers qui lorgne ouvertement vers celui de Noir Désir. Les guitares, le son, la posture vocale. Saez, artiste pré-trentenaire à la gueule d’ange, bourré de talents et de contradictions. Une fâcheuse tendance à laisser traîner les syllabes éraillées et poser en poète rebelle. L’antithèse de Raphael, le gendre pas franchement idéal. Mais son public le suit à chaque sortie, le tout sans fanfare radio publicitaires. Il continue de remplir les salles alors que beaucoup lui prédisaient une gloire éphémère.
Coté Cantat, le bourbier judiciaire se poursuit autour de l’indemnisation. Des enfants de Marie Trintignat –légitime- mais surtout de QBE, assureur australien du téléfilm « Colette » qui réclame près de 237 000 euros d’indemnités . Dernier avatar, cette dépêche AFP du 25 juin dernier. « L’entourage de Bertrand Cantat, détenu en France pour le meurtre de Marie Trintignant, a démenti vendredi toute tentative d’organisation d’insolvabilité de la part du chanteur pour éviter de payer des dommages et intérêts… »
Prochain épisode et prochain round en septembre, lors de la parution d’un CD et d’un DVD live, extraits de la tournée « Des visages et des figures ». Celle là-même qui fit une pause à Musilac, un soir de juillet.
Plus d’infos sr Musilac, du 15 au 17 juillet à Aix les Bains.
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