Iggy Pop, icône incontournable de la scène rock américaine, retrouve The Stooges pour une nouvelle tournée mondiale. Retour sur un parcours chaotique, jalonné d’excès et de pépites rock’n roll.
James Newell Osterberg pour l’état civil étasunien, L’Iguane ou Iggy Pop pour les autres. S’il en est un qui a gagné sa place au panthéon du rock, le monsieur est de ceux-là. Avec les frères Asheton et Dave Alexander, ils créent The Stooges à Detroit en 1967. Ville à sens unique, entièrement dédiée à l’industrie automobile. Emerge alors un rock blanc crasse et saturé initié par le MC5. Un chant subversif hurlé plus que chanté, une batterie plombée et des guitares ultra-saturées. Une fois jetées, ces bases digresseront ensuite vers le punk-rock ou le métal. En 1969 paraît le premier album éponyme du groupe. « The Stooges », produit par John Cale du Velvet Underground. Enregistré dans l’urgence -seulement deux jours- ce disque incendiaire est affublé de titres cultes tel que « No Fun » ou l’hymne canin « I wanna be your dog » (repris et susurré avec grâce par Emilie Simon sur son premier album en 2004)-. S’ensuit une série de disques -Fun House en 70, Raw Power en 1973- de concerts et d’aléas qui fleurent les excès multiples, la drogue et l’autodestruction. Mais Iggy Pop grave alors dans les tablettes les sainte lois du leader rock. Dangereux, instable, incandescent, explosif jusqu’à en frôler sa propre fin. « …cette intensité lui vient d’un impulsion meurtrière qui , dans le passé, en a fait aussi l’artiste vivant le plus dangereux qui soit : plonger dans le troisième rang, se rouler et se couper sur du verre brisé, se lancer dans des affrontements verbaux, et parfois physique avec son auditoire. » * Ereintée, l’histoire s’arrête en 75.
l’Iguane ne meurt jamais
L’iguane est alors sauvé de la noyade artistique et humaine par Lou Reed et David Bowie. Ce dernier ira même le chercher lors d’un de ses quelques passages en clinique psychiatrique. Il retrouve l’inspiration et collabore avec le dandy british pour deux albums avant de replonger à nouveau. Symbole de cette première rédemption artistique, le sublime « China Girl » devient le succès de 1983 une fois chanté par Bowie. Une nouvelle salubrité économique et une sortie de l’ornière qui permettent à Iggy de tourner définitivement le dos à ses démons. Un corps modelé par une hygiène de vie intraitable, des heures de yoga et un climat financier stabilisé. Le cinéma lui offre sa plus belle réhabilitation, Emir Kusturica lui fait un place sur la Bo d’Arizona Dream en 1992. « In the death car » devient son tube le plus rémunérateur. En 1993, l’album « American Caesar » lui ouvre définitivement les portes du succès et des tournées mondiales. Eté 2003, Iggy Pop, désormais parrain de quiconque souhaiterait chanter du rock derrière un micro, prend la suite de Dionysos sur la scène des arènes de Nîmes. Il eu beau se démener sur scène, exhiber des tablettes abdominales impeccables pour son âge, il se fit souffler la vedette par Mathias Malzieu et sa bande. La faute au poids des ans peut-être, mais surtout au groupe lourdaud qui accompagnait l’icône. Bon joueur, il alla féliciter les français en coulisses. Et puis l’an dernier, la nouvelle est tombée. Les Stooges se reforment, l’iguane et sa première bande reprennent la route. Les flash crépitent, la légende continue. Un monument historique certes, mais au sens scénique animal toujours palpable. Forcément immanquable.
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* article de Lester Bangs dans Village Voice, 1977. Paru dans le recueil « Psychotic reactions et autres carburateurs flingués ». Ed Tristram
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